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Les communes testent la semaine de quatre jours : et si ça marchait ?

À Loos-en-Gohelle, des services municipaux sont passés à la semaine de quatre jours sans réduire le temps de travail. Une pratique qui séduit d'autres collectivités, mais qui présente aussi des limites.

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Les communes testent la semaine de quatre jours : et si ça marchait ?

À Loos-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais, une partie des services municipaux ne travaille plus le vendredi depuis plusieurs années. Le dispositif s'applique aux agents volontaires, avec une amplitude horaire élargie sur les quatre jours restants.

Une pratique installée dans une poignée de collectivités

La semaine de quatre jours dans la fonction publique territoriale n'est pas une nouveauté. Des communes, souvent de taille moyenne, l'ont expérimentée dès les années 2010, parfois avant. Le cadre juridique le permet : la durée légale de travail reste fixée à 35 heures par semaine, mais son organisation est laissée à l'appréciation de l'employeur public, sous réserve du respect des cycles et des garanties statutaires.

Le passage à quatre jours ne réduit donc pas, en principe, le temps de travail. Il le concentre. Les agents effectuent des journées plus longues, généralement de neuf à dix heures, et bénéficient d'un jour de repos supplémentaire. Certaines collectivités ont choisi une journée de fermeture au public, d'autres un roulement pour maintenir la continuité du service.

Des motivations qui varient selon les territoires

Les arguments avancés par les collectivités qui se lancent relèvent rarement d'une seule logique. La réduction des trajets domicile-travail et de l'empreinte carbone des déplacements est souvent citée. S'y ajoutent des considérations de gestion des ressources humaines : fidéliser des agents difficiles à recruter, réduire l'absentéisme, améliorer le climat de travail.

Le facteur financier intervient aussi. Une journée de fermeture peut diminuer certaines charges de fonctionnement, chauffage ou éclairage notamment. L'économie reste toutefois modeste à l'échelle d'un budget communal, et les collectivités qui communiquent sur le sujet insistent davantage sur les effets organisationnels que sur les gains budgétaires.

Les limites et les points de friction

Le dispositif ne s'applique pas uniformément à tous les services. Les crèches, les écoles, les services d'accueil du public ou la police municipale relèvent d'obligations horaires qui rendent la concentration des journées difficile, voire impossible. Dans ces cas, la semaine de quatre jours se limite souvent à certains métiers administratifs.

La question de la charge de travail reste centrale. Des journées allongées peuvent peser sur les agents dont les tâches exigent une attention soutenue ou une présence physique continue. Les organisations syndicales expriment régulièrement des réserves sur ce point, en soulignant que la réduction du nombre de jours ne s'accompagne pas toujours d'une baisse de la charge.

L'accueil du public constitue un autre point sensible. Une fermeture le vendredi ou le lundi modifie les horaires d'accès aux guichets. Les communes qui ont franchi le pas ont souvent maintenu une permanence, au prix d'une organisation plus complexe des plannings.

Un bilan encore difficile à généraliser

Les retours d'expérience disponibles proviennent surtout de collectivités qui ont communiqué sur leur démarche, ce qui limite la portée des comparaisons. Les évaluations chiffrées restent rares, et les indicateurs retenus varient d'une commune à l'autre : absentéisme, turnover, satisfaction des agents, qualité du service rendu.

Le sujet dépasse par ailleurs le seul cadre municipal. Des administrations d'État, des hôpitaux et des entreprises privées ont engagé des réflexions similaires, avec des contraintes propres. Dans la fonction publique territoriale, la généralisation se heurte à la diversité des métiers et à l'obligation de continuité du service public, qui interdit d'appliquer un même modèle à tous les services. À consulter également : www.philippe-larroche.fr.

Les communes qui expérimentent aujourd'hui prolongent donc une pratique ancienne plutôt qu'elles n'ouvrent une voie nouvelle. Leur intérêt tient moins au principe qu'aux modalités concrètes retenues : quels services sont concernés, comment les horaires sont aménagés, et selon quels critères l'expérience sera évaluée avant une éventuelle pérennisation.

Adeline Sauvage

Adeline Sauvage

Adeline Sauvage est une infirmière passionnée par les soins à domicile, où elle accompagne les patients avec une approche humaine et personnalisée. Forte d'une expertise en télésuivi et téléconsultation, elle intègre les outils numériques pour améliorer la continuité des soins. Elle développe également des programmes d'éducation thérapeutique visant à renforcer l'autonomie des patients dans la gestion de leur santé au quotidien.

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